1 - Pratiquer comme un robot.
En général, les méthodes, les tutos YouTube, et même souvent les cours, se concentrent uniquement sur le « quoi » et pas le « comment ».
C’est une grosse erreur, car tant que vous n’avez pas l’état d’esprit propice à l’improvisation, vous ne faites que prendre de mauvaises habitudes qui seront difficiles à défaire.
Le plus gros écueil est de ne pas jouer à l’oreille.
Ce que j’entends par là, c’est que ce que vous jouez au piano, doit majoritairement venir de votre écoute intérieure.
Si ce n’est pas le cas, vos improvisations ne dépasseront jamais un certain niveau. Elles pourront même produire une certaine impression, mais elles ne toucheront personne en profondeur.
La tentation est grande de vouloir apprendre de nouveaux systèmes, de nouvelles gammes, de nouveaux accords. On pense que ces nouveaux savoirs vont enfin nous faire mieux improviser.
C’est encore une erreur.
Pour faire sonner un système, il faut l’avoir intériorisé et l’avoir abordé comme un enrichissement.
Ce qui doit précéder, c’est le chant intérieur. Mais au début, il sera certainement décevant, car il n’est pas encore nourri et épanoui.
Je sais qu’en décidant de laisser émerger ce chant intérieur, les premières fois, on s’expose à une déception. Elle sera d’autant plus importante qu’on improvise depuis longtemps.
C’est tellement plus simple de s’exercer sans conscience et d’apprendre des phrases toutes faites.
C’est tellement plus facile de replacer des licks, des patterns, et d’aborder l’improvisation de manière uniquement mécanique.
Mais, c’est une illusion qui vous décevra à long terme.
2 - Croire que l’inspiration suffit.
L’écueil inverse est de refuser le travail systématique et de penser que construire des automatismes va tuer votre inspiration.
Cette erreur, je la connais bien car je l’ai faite pendant longtemps.
Pour m’en défaire, il a fallu que fasse le constat que mes improvisations n’étaient pas à la hauteur de mes aspirations. Ou du moins, elles ne l’étaient pas toujours.
Parfois, je pouvais jouer de bonnes improvisations mais le lendemain, ça n’allait pas du tout.
En fait, mon jeu était fragile, je manquais d’assise, de fondations.
Le problème est que j’entendais beaucoup d’informations contradictoires sur la manière de s’entraîner à l’improvisation.
Globalement, c’était soit l’école de la « technique », soit l’école de « la créativité », et je me sentais coincé entre les deux.